La maison de Monet, une peinture à ciel ouvert

Giverny – Photo Tom Kyrann

Les fleurs sont incontestablement des merveilles de la nature. Pour le peintre Claude Monet, elles étaient une source inépuisable d’inspiration. Le clos normand, nom donné à la maison qu’il achète en 1890 dans le joli village français de Giverny en Normandie en reste encore aujourd’hui la preuve.

Giverny France
Claude Monet

Dans ce petit havre de paix d’un hectare où il coule des jours paisibles, il aménage un magnifique jardin gorgé de fleurs de toutes variétés et de toutes tailles élaborant de manière réelle les décors de ses futures œuvres. De part et d’autre d’une grande allée centrale, tulipes, narcisses, pavots et autres capucines s’en donnent à coeur joie dans une explosion de couleurs. Des arceaux métalliques accueillent les rosiers grimpants et odorants. Mais beaucoup de fleurs dans le jardin de Monet poussent aussi librement, sans contrainte.

Jardin de Monet – Photos T. Kyrann

La fascination qu’a le peintre pour les jeux de lumière dans l’eau lui donne l’idée de créer un étang sur la propriété en détournant l’eau d’un petit ru. Il fait construire au dessus un pont japonais et recrée une atmosphère grâce à des végétaux typiques, bambou, érable du Japon ou bonsaï à feuilles rouges.

Giverny Le pont – Photo T. Kyrann
Le bassin aux nymphéas – Claude Monet 1899
Giverny – Photo T. Kyrann
Bonsaï rouge Giverny
Bonsaï rouge Giverny

Au fond de l’étang, il fera planter des nymphéas. Ce « jardin d’eau » va lui inspirer son monumental projet d’offrir à la France et à travers elle à son grand ami Georges Clemenceau, une œuvre de paix et d’espoir. Il commence donc, en 1897, ses célèbres tableaux « les nymphéas » représentant pour lui, au lendemain de la guerre de 14-18, un témoignage de remerciement au pays et un espoir d’avenir meilleur.

Mais Monet va vivre le pire des drames qui puisse arriver à un artiste. La cataracte l’a gagné et sa vue s’affaiblit un peu plus chaque jour. L’opération, à l’époque bien plus complexe et incertaine qu’aujourd’hui, est d’abord un fiasco et Monet croit devenir fou. Il arrête son chef d’œuvre « comment peindre une couleur en train de fuir » écrit-il à son ami avec qui il se se fâche momentanément. Mais Clemenceau ne lâchera rien et poussera Monet à continuer. La médecine finit par triompher et l’homme retrouve la vue. Seule la mort, l’inéluctable gagnante, l’empêchera d’aller au bout de cette œuvre magistrale.

Claude Monet Atelier
Les nympheas – Monet – Musée de l’orangerie Paris

Triste ironie du sort, l’un des ces immenses panneaux fut troué par un obus durant la seconde guerre mondiale, mais fort heureusement ces peintures exceptionnelles peuvent être toujours admirées à Paris, au musée de l’Orangerie.

La maison de Monet accueille, elle aussi, les visiteurs en ce moment et jusqu’au 1er novembre 2019. Retrouvez toutes les infos pratiques sur le site officiel :

https://fondation-monet.com/informations-pratiques

 

Merci à Tom pour ses magnifiques photos:)

 

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