Et si l’on parlait de chocolat!

Si comme moi vous aimez les bonnes choses vous adorez forcément le chocolat. Mais d’où vient cette petite merveille? quelle est son histoire? comment le fabrique t-on? quel est son devenir ? C’est ce que je vous invite à découvrir.
Et retrouvez à la fin de cet article ma petite recette très simple de délicieuses CREMES au CHOCOLAT.

PETIT CACAOYER DEVIENDRA GRAND

Alors que l’homme ne se tient pas encore debout, le petit cacaoyer, lui, se dresse déjà parmi les géants qui l’entourent dans ces forêts tropicales chaudes et humides de l’Amérique du sud.

cacaoyer

cacaoyer

Gros comme des ballons de rugby, ses fruits rouges et dorés que l’on appelle les cabosses, poussent étrangement le long des troncs. Arrivés à maturité, ils sèchent sur l’arbre et l’homme est obligé de les cueillir car ils ne tomberont pas seuls.
A l’intérieur de ces cabosses, se cachent 30 à 40 graines qui ne sont autres que les précieuses fèves de cacao d’où l’on tire le chocolat.

Et comme la nature est bien faite, ce sont les petits rongeurs, attirés par la pulpe sucrée des cabosses, qui rejettent ça et là les graines trop amères permettant ainsi à de nouveaux cacaoyers de se développer.

cabosse ouverte

cabosse ouverte

UN PEU D’HISTOIRE

L’utilisation des fruits du cacaoyer remonterait au VIème siècle avant JC selon l’archéologue Michael Coe. Les Olmèques (Colombie) semblent être les premiers à en faire la culture mille ans avant JC et les Mayas en développent l’exploitation jusqu’au XVème siècle. Les Aztèques en font, quant à eux, une monnaie d’échange. Un lapin vaut 10 fèves, une paire de boucles d’oreilles 30 fèves.

Puis les Conquistadors s’en emparent et ont l’idée de mélanger du sucre de canne à la préparation très amère des Mayas. Très vite le produit conquiert l’Espagne et de nombreux pays d’Europe. Lorsque Louis XIII épouse l’Infante d’Espagne Anne d’Autriche, le chocolat s’invite à la table du roi mais il connaîtra un réel engouement à la Cour de Louis XIV où seuls les invités de Versailles y avaient droit.

Le chocolat à Versailles

Le chocolat à Versailles

Cependant,  la qualité de la boisson n’est certes pas celle que l’on connaît de nos jours. Ce n’est qu’entre le XVIIIème et le XIXème siècle que le breuvage va s’améliorer avec son industrialisation.

LES GRANDS NOMS DU CHOCOLAT

En 1816, un pharmacien français, Jean Antoine Menier, pense à recouvrir certains médicaments avec du chocolat pour en ôter le mauvais goût. Il sera à l’origine des toutes premières chocolateries avec son « chocolat de ménage ».

Mais l’inventeur de la tablette de chocolat est suisse et se nomme François Louis Cailler.

Philippe Suchard

Philippe Suchard

Puis en 1826, toujours en Suisse, Philippe Suchard met au point une machine pour mélanger le sucre et le cacao, quant à son compatriote, Charles Amédée Kohler il est le premier à ajouter des noisettes au chocolat.

C’est au Hollandais Van Houten que l’on doit le chocolat en poudre. En 1875, l’allemand Henri Nestlé invente le lait en poudre et avec le gendre de Cailler, il pense à mélanger sa poudre de lait au chocolat: c’est la naissance du chocolat au lait.

Henri Nestlé

Henri Nestlé

N’oublions pas Rudolf Lindt qui en 1879 trouve la recette du chocolat moelleux et fondant et Théodor Tobler qui sera à l’origine du fameux toblerone au nougat en 1899.

MAIS COMMENT FAIT-ON DU CHOCOLAT?

Le processus est long avant de pouvoir déguster cette douce friandise.

séchage des fèves

séchage des fèves

Les fèves* humides sont extraites des cabosses fendues puis sont mises à fermenter et à sécher au soleil durant une semaine.
Cette fermentation en diminue l’amertume.

Ensuite, conditionnées en sacs, elles partent vers les usines de traitement. Là elles y sont grillées puis concassées dans une machine qui supprime la coque. Seul ne reste que l’intérieur de la fève appelé « grué ».

torréfaction

torréfaction

Le grué est broyé et l’on obtient une pâte dont on va extraire le beurre de cacao qui est donc ainsi séparé de la « masse ». Le chocolat blanc ne contient que du beurre de cacao.

beurre de cacao

beurre de cacao

La masse de cacao est le chocolat à l’état pur. Elle a un goût amer et va se solidifier en refroidissant. Un bloc de masse est nommé « tourteau ».

tourteau

tourteau

Ce dernier est ensuite concassé puis mis à fondre dans une machine qui le réchauffe. On y ajoute du sucre et du lait en poudre si l’on veut du chocolat au lait. Pendant 48 heures le tout est brassé.

On rajoute le beurre de cacao qui amènera le fondant. Après 6 longues heures le chocolat ainsi obtenu sera moulé puis mis à refroidir pour durcir.
Démoulées, les pièces n’auront plus qu’à aller se cacher dans de belles boîtes pour notre plus grand plaisir.

VERS UNE PÉNURIE

Aujourd’hui, on compte une quinzaine de pays producteurs** de fèves avec plus de 4 millions de tonnes pour 2014.
L’Afrique fournit environ 70% du cacao mondial avec la Côte d’Ivoire au tout premier rang.

Cependant cette production va bientôt devenir insuffisante car la demande de chocolat est de plus en plus forte de la part de nouveaux consommateurs fortunés des pays émergents, notamment l’Asie.

Le nœud du problème réside dans le fait que le cacao provient à 95% de petites plantations familiales de paysans très pauvres, vieillissants, mal rémunérés et dont les enfants partent vivre en ville. Ces petits producteurs n’ont pas les fonds nécessaires pour augmenter leurs rendements. (Sur 100g de chocolat à 60% de cacao vendus au supermarché seul 6% du prix payé par l’acheteur revient au paysan). De plus, le réchauffement climatique a une influence négative sur les cacaoyers.
La culture du cacao est peut être menacée et tout laisse à penser qu’il y a un risque réel de pénurie à long terme.

Alors aux amoureux du chocolat dépêchez-vous d’en déguster et comme le disait si bien le génial acteur Tom Hanks dans « Forrest Gump »

« La vie c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber »

*Pour obtenir 1 kg de chocolat, environ 300 à 600 fèves de cacao sont traitées
**Les 6 principaux producteurs de cacao sont : la Côte d’Ivoire , le Ghana, L’Indonésie, le Nigeria, le Cameroun et le Brésil.

 

Et pour conclure je vous donne en prime ma petite recette de crème au chocolat facile et sans oeufs. Le seul problème c’est qu’il faut attendre qu’elle soit bien froide pour la déguster, un supplice j’en conviens!

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PETITES CREMES AU CHOCOLAT

 

INGREDIENTS

  • un demi litre de lait
  • 100g de chocolat à cuire
  • 1 cuillère à soupe de sucre fin
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 20g de maïzena

RECETTE

  1. Prélever 10cl (ou 100g) du 1/2 litre de lait
  2. Faire bouillir le reste
  3. Ajouter le chocolat en morceaux. Bien mélanger
  4. Dans un saladier mélanger les sucres, la maïzena et les 100g de lait
  5. Quand le mélange lait/chocolat est bouillant, le verser sur les ingrédients du saladier
  6. Remettre le tout à feu moyen et remuer jusqu’à épaississement. Laisser une petite ébullition 1 à 2 minutes
  7. Retirer du feu et remplir vos petites coupes
  8. Laisser refroidir environ 2 heures avant de les mettre au frigo encore pour 2 autres  heures minimum.

Voilà, régalez-vous!

 

Sources : « du cacao au chocolat, l’épopée d’une gourmandise » Michel Barel-éditions Quae
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11 commentaires sur “Et si l’on parlait de chocolat!

  1. Alors, le chocolat, moi, j’aime cela mais à petite dose! Je le consomme surtout noir/menthe et Noir/orange ou encore au lait amande raisin…
    J’ai appris plein de trucs avec cet article! Merci Michèle!

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  2. Merci François Louis Cailler pour les tablettes de chocolat dans ce cas 🙂 Par contre, demain je prendrai le vélo pour aller bosser. Je voudrais pas participer à l’effet de serre qui priverait les futures générations de connaitre ce pure plaisir.
    Un monde sans chocolat? Naon.
    Merci pour cet article. J’ai appris des choses 🙂

    Aimé par 1 personne

  3. Merci pour cette super recette et cet article enrichissant (sans calories!) sur mon pêcher mignon. Je pensais les ballons de rugby un peu plus gros quand même.. 😜
    Viens faire un tour au salon du chocolat l’an prochain; Tu t’y régaleras!

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  4. Encore un article passionnant !!! Et merci pour ta recette 🙂 Un ami suisse m’avait offert du Ragusa, je m’en souviens encore 🙂 Il existe au lait, mais je le préfère noir 😉 Quant à la pénurie annoncée, il serait plus que temps que ces paysans soient payés à la juste valeur du travail fourni…

    Aimé par 1 personne

    • Je n’ai pas le plaisir de connaître le Ragusa mais je ne doute pas de sont goût exquis. Effectivement on ne pense pas assez aux petits producteurs qui s’échinent pour deux fois rien, c’est toujours la loi du plus fort et c’est bien triste. Merci Marie.

      Aimé par 1 personne

  5. Comme d’habitude, je me suis régalée… en te lisant ! J’aime aussi le chocolat à petites doses et c’est tant mieux comme ça : je le savoure 🙂
    Merci pour cet article fort intéressant et ta recette que je vais m’empresser de te piquer !!!

    J'aime

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