Les caricatures, une autre façon d’écrire l’Histoire

Il est bien difficile de dater les premières caricatures. Les statuettes en terre cuite de Smyrne (Turquie), au nez difforme figurant dans les collections du Louvre semblent témoigner de leur existence durant l’Antiquité. De même que sur certains murs de Pompéi (Italie), des dessins évoquent cette idée.

Au Moyen Âge

Au Moyen Âge

Au Moyen Âge, on les trouve dans les églises au travers de représentations de personnages grotesques ou d’animaux fantastiques. Mais les livres étant rares à l’époque, les représentants de la vraie raillerie sont incontestablement les bouffons et les ménestrels.

Au XIVème siècle, apparaissent les premières gravures sur bois. L’imprimerie de Gutenberg (milieu du XVème siècle) et le papier qui se répand peu à peu amènent de nouveaux supports.

Puis au XVIème siècle, la religion tombe sous le feu de la satire et la caricature sera largement utilisée durant l’opposition des catholiques fidèles au pape de Rome et le réformiste Luther au XVIème siècle. C’est la contestation des pouvoirs établis et des autorités religieuses.

Sous l'Ancien Regime

Sous l’Ancien Regime

Sous L’ancien Régime, on trouve des caricatures politiques sur feuillets uniques, vendues à la pièce par des colporteurs de rues, sans autorisation du roi et pouvant être saisies à tout moment.

Louis XVI

Louis XVI

Bien que les caricatures ne font qu’une timide apparition dans la presse du XVIIIème siècle, la Révolution française et l’Empire en seront abondamment nourries.

Cependant, la caricature profitera des progrès techniques de la presse et de l’essor économique du XIXème siècle.

Louis Philippe par Daumier

Louis Philippe par Daumier

Elle finira par trouver sa place dans les journaux sous l’influence de Charles Philipon créateur de « La caricature » en 1830 puis « Le Charivari » illustré par les dessins d’Honoré Daumier.

"le charivari" de Philipon

« le charivari » de Philipon

Avec la loi de libération de la presse en 1881, la caricature connaît une véritable expansion.

L’image satirique accompagne tous les grands événements et joue un rôle dans les mobilisations du peuple (l’affaire Dreyfus, la guerre 14-18, la guerre d’Algérie et tant d’autres…).

Étymologiquement, le mot « caricature » vient du latin « caricare », qui signifie « charger, exagérer ». Mais c’est avant tout accentuer les caractéristiques pour dénoncer, critiquer, faire réfléchir ou parler de sujets graves au travers de la dérision et de l’humour. Comme le pensait Cabu, la caricature n’a pas droit à l’erreur, car elle touche au premier regard, elle est percutante comme un coup de poing. Elle exprime parfois le ressenti d’une société qui ne trouve pas toujours les bons mots pour le faire. Le dessin satirique est depuis qu’il existe un véritable contre-pouvoir, pour dénoncer mais aussi conjurer. L’Histoire ne s’écrit pas seulement, elle se dessine aussi.

Même si les « gars » de Charlie Hebdo dépassaient parfois quelques limites, il est essentiel de leur rendre hommage et de ne pas les oublier. Être assassiné pour avoir dessiné ce que l’on pense est hors de tout domaine de définition.

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