L’univers fabuleux du Steampunk

Je vous propose aujourd’hui de découvrir un article écrit par le jeune auteur de la saga de fantasy Chasseurs de ténèbres, Tom Kyrann qui m’a fait le grand plaisir de répondre à mon invitation.

Celui-ci va tenter de vous dévoiler les dessous du monde extraordinaire qu’est le Steampunk qui prend de plus en plus d’ampleur ces dernières années, tant dans la littérature que dans la mode.

De plus, il vous livre en exclusivité, à la fin de cet article, le premier chapitre de son prochain livre qui se déroule dans cet univers et qui s’intitule Les Crocs de Fenrir.

Bonne lecture à toutes et tous.

 

Le mouvement littéraire Steampunk peut être assimilé à un sous-genre de la Fantasy.

Il regroupe à lui seul plusieurs autres sous-genres, normalement indépendants allant de l’Uchronie (où l’on part d’un contexte historique mais en refaisant l’Histoire) à l’Urban Fantasy (où le monde monde réel côtoie des mondes parallèles) en passant par la Science-Fiction en termes de contexte.

 

Mais en termes d’histoire, les ouvrages de Steampunk s’apparentent souvent à des romans d’aventures en passant par des romans policiers ou encore des westerns comme les Mystères de l’Ouest.

Les premières traces du roman Steampunk remontent à la fin des années 70.  C’est lors d’une réunion entre trois amis auteurs, K.W. Jeter, Tim Powers et James Blaylock, que l’un d’entre eux lança l’idée d’écrire des histoires de science fiction qui se passeraient dans le passé. Jeter, comme pour se moquer de cette idée qu’il trouvait complètement farfelue, décréta que ce mouvement s’appellerait « steampunk »en boutade par rapport au « cyberpunk » qu’il avait lui même créé.

 

Toutefois, l’un des grands précurseurs de l’idéologie Steampunk est sans conteste Jules Vernes, à l’instar notamment de l’invention du célèbre Nautilus de Vingt Mille Lieues Sous les Mers.

Quoiqu’il en soit, le nom est demeuré, et le fameux « Steam » fait référence à la machine à vapeur de James Watt, symbole le plus emblématique de la Révolution Industrielle, période dans laquelle baigne le mouvement.

Ainsi, le Steampunk se distingue des autres tendances  en considérant que les progrès technologiques réalisés lors de la Révolution Industrielle ont été bien plus considérables qu’en réalité.

Une autre de ses caractéristiques est le fait que l’histoire se déroule dans le Londres victorien de la fin du XIXeme siècle, baignant dans l’ambiance si particulière des enquêtes de Sherlock Holmes, ou encore des meurtres sanglants de Jack l’Eventreur.

Les éléments récurrents dans la tendance Steampunk sont notamment les rouages, les engrenages, les horloges,  les montres, les insectes et animaux mécaniques. C’est un univers très particulier, où le vestimentaire est de toute beauté et les inventions sont originales et insolites.
Le courant en lui-même est sujet à un engouement récent de la part de la jeune génération, que ce soit aux USA ou en France. Visiblement, il semble prendre de plus en plus d’ampleur ces dernières années, bien qu’au point de vue cinématographique, aucun film vraiment correct n’ait pu illustrer dignement le genre en question.

 

 

Je reprends la plume pour adresser un  grand merci à Tom pour sa contribution. Vous pouvez télécharger GRATUITEMENT le premier tome de « Chasseurs de ténèbres » sur son site dédié à la Fantasy.

Cette tendance est une véritable source d’inspiration et m’a donné envie de créer quelques bijoux en porcelaine froide.

 

Mais sans plus attendre voici, comme promis, le premier chapitre du roman

Les Crocs de Fenrir

Chapitre I :  Sombre préambule

« Le murmure des sombres rues vous en apprend toujours davantage que les croassements des corbeaux. »

Le Mathématicien

10 décembre 1889.

Le froid mordant s’infiltrait jusque dans la moelle des os de l’inconnue qui patientait dans une rue malfamée et embrumée du quartier de Whitechapel. Elle rabattit davantage son élégant haut-de-forme bleu sombre orné d’une rose de la même teinte. Si ce dernier ne brillait guère par sa discrétion avec ses plumes fantaisistes et violettes qui le paraient, et son délicat camée qui ceinturait la base du chapeau, au moins avait-il le mérite de dissimuler le visage de sa propriétaire.

Celle-ci sentait l’anxiété croître en elle telle un lierre envahissant et coriace. Elle tenta de juguler ses angoisses en scrutant nerveusement les alentours où baignait une atmosphère pesante et hostile. Les dix coups sonores et lugubres de Big Ben la firent soudain sursauter. Elle en profita pour mettre sa main gantée dans une poche de sa redingote en cuir fatiguée et en sortir sa montre-gourmette. Toujours aussi tendue, elle y vérifia si l’heure correspondait bien. Les rouages et les cliquetis familiers de cette dernière la rassurèrent.

Cet instant de quiétude s’acheva brusquement lorsqu’elle sentit une main se refermer brutalement sur ses lèvres. Elle plongea les doigts vers la gâchette du revolver à hydrogène qui pendait à sa ceinture lorsque l’inconnu l’en empêcha.

Il l’avait surprise par derrière par son manque d’inattention passager et pourtant regrettable. De sa voix suave et venimeuse, la silhouette susurra à l’oreille de sa prisonnière :

– Allons, my lady, pas de ça entre nous. Qu’il est dommage de limiter nos rencontres à de pareils endroits.

Son haleine sentait le mariage singulier du lichen et de la fleur d’oranger. Sa voix chaude, sa diction parfaite et sa touche de parfum musqué ne venaient que confirmer pour la jeune femme l’identité du sinistre inconnu. Elle ne parvenait hélas pas pour autant à distinguer ses traits. Cessant de lutter vainement contre cette poigne de fer, elle se força à recouvrer sa légendaire lucidité. Il ne la tuerait pas ici, pas maintenant, pas dans ces circonstances, elle en était convaincue, parce que sinon, cela ne corroborait pas avec le personnage. Toute cette enquête, toute cette mise en scène, ce n’était qu’un jeu pour lui : il s’amusait d’elle comme on s’amuse d’un pion sur un échiquier.

L’obscur agresseur relâcha légèrement son étreinte tandis que la jeune fille ressentit la pointe aiguisée et caractéristique d’un stylet au niveau de ses côtes.

– Il serait regrettable que vous soyez la victime d’une de ses innombrables bandes de rôdeurs qui assassinent et détroussent l’honnête passant, vous en conviendrez aisément, reprit-il toujours avec cette même douceur sirupeuse.
– Que voulez-vous ? rétorqua-t-elle sèchement.
– Simplement vous parler, ma chère.
– Pour cela, il faudrait que j’aie quelque chose à vous dire, le Mathématicien.

La jeune fille sentit plus qu’elle ne vit le rictus de l’homme, accompagné d’un léger ricanement sardonique. D’un mouvement lent et discret de son bras non entravé, elle parvint à atteindre une autre de ses nombreuses poches, où elle enclencha un indécelable bouton. Le mystérieux personnage n’avait visiblement rien remarqué de sa manœuvre. Fait d’ailleurs confirmé par sa réponse où transparaissait une agaçante pointe d’amusement :

– Je crains fort que vous ne soyez guère en position de vous montrer si arrogante. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais je tiens la flamme de votre âme entre mes mains, et il ne faudrait qu’un souffle pour l’éteindre.

Prudence Todhunter perçut enfin la sensation qu’elle attendait : celle de six pattes mécaniques sortant timidement de la poche, suivi d’un bourdonnement si ténu que seuls les habitués pouvaient le percevoir. Elle ferma brièvement les yeux tout en prenant une longue inspiration. Lorsqu’elle les rouvrit, ils brillèrent alors de cet éclat si particulier qui avait tant terrifié les criminels qu’elle avait rencontrés durant sa longue carrière. Certains y voyaient une lueur vengeresse noyée dans une ténacité sans fond, d’autres seulement une dureté impitoyable.

– Très bien, je vous écoute, déclara-t-elle, l’esprit vif et acéré.
– Vous êtes sur le point de vous engager sur une piste dangereuse, bien plus que tout ce que vous pouvez imaginer. Sachez que je ne suis pas le seul à emprunter ce sentier. Des gens, bien moins recommandables et raffinés que moi-même, en ont fait eux aussi leur terrain de chasse.
– Que me conseillez-vous, dans ce cas ? interrogea Prudence tandis que, du coin de l’œil, elle apercevait son frelon mécanique voler silencieusement hors du champ de vision de son agresseur.
– D’abandonner l’affaire, tant qu’il en est encore temps. Vous ne savez dans quels marécages vous allez vous embourber.

C’est alors que le frelon entama son processus d’attaque en inclinant son dard amovible vers l’intrus, et projeta avec virulence et une soudaineté sans pareille une décharge électrique sur celui-ci.

L’homme poussa un cri où se mêlait la surprise et la douleur. Prudence en profita pour asséner un redoutable coup de coude et ainsi arracher le stylet de son agresseur en le jetant à terre, sa lame scintilla par le reflet des réverbères avant de disparaître parmi les pavés mal ajustés de la rue. Bondissant hors d’atteinte, elle dégaina son arme de son étui, et la pointa sur son assaillant, qu’elle put enfin observer : d’une taille avoisinant les un mètre quatre-vingt, il portait une redingote noir de jais de bonne coupe, des gants de peaux de la même couleur, et des guêtres cossues. Autre détail notable : il possédait une broche pour le moins insolite, un amalgame nébuleux entre un croc argenté, un minuscule cadran d’horloge et de roues crénelées. Il tenait notamment une fiole remplie d’un liquide jaunâtre et vaporeux. Toutefois, en dépit des quelques mètres qui la séparaient, elle ne parvenait toujours pas à apercevoir ses traits masqués sous son chapeau de velours aux flancs constellés d’engrenages. Les deux protagonistes demeurèrent immobiles, le canon du revolver de Prudence pointé sur l’homme.

– Je crois, articula-t-elle difficilement, l’adrénaline lui embrumant l’esprit, que vous avez obtenu votre réponse, le Mathématicien.
– Vous me décevez profondément, my lady. Je vous serais cru plus raisonnable.
– J’ajouterai également que vous êtes dès à présent en état d’arrestation pour meurtre.
– Nous nous reverrons, my lady, vous avez ma parole. Mais ces émouvantes retrouvailles auront lieu plus tard, rétorqua sereinement le dangereux personnage en faisant innocemment signe à quelque chose derrière elle.

Un sifflement aigu lui parvint alors, et faisant volte-face à la vitesse de l’éclair, Prudence eut le temps d’esquiver les projectiles mortels qui lui étaient destinés. Les deux sbires rechargèrent à la hâte leur arbalète à pignon. L’impétueuse jeune fille n’hésita pas, et pressa la détente dans leur direction. La décharge à hydrogène projeta violemment le premier homme de main sur le mur. Le second n’eut pas l’occasion non plus de se mettre à couvert. Il avait à peine rechargé son arme qu’il recevait un puissant impact au niveau de la clavicule, qui lui déboîta par ailleurs l’épaule. La menace passée, Prudence se retourna vers le ténébreux Mathématicien, mais celui-ci s’était évaporé dans la nuit durant l’escarmouche. Toutefois, son attention fut attirée par un objet qui avait été déposé à même le sol, non loin du lieu où il se trouvait auparavant. En s’approchant davantage, Prudence Todhunter constata qu’il s’agissait de la fiole au contenu inconnu que lui avait montrée le machiavélique assassin. La ramassant avec précaution de ses doigts qui tremblaient légèrement, Prudence l’examina de plus près tout en murmurant :

– Qu’avez-vous donc derrière la tête, my Lord ?

 

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3 commentaires sur “L’univers fabuleux du Steampunk

  1. Merci pour cet article qui m’en apprend beaucoup sur un univers que je connaissais sans en savoir le nom 😉 Tes créations dans ce style, sont superbes et tellement originales ! Je suis fan ! Quant au premier chapitre du livre de Soufiane, il nous prend tout de suite dans l’engrenage du suspens !!! Bravo à tous les deux et … on attend la suite avec impatience 😉

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